tatouages

Le tatouage est en plein essor dans notre pays. Pourtant il a longtemps été apparenté à des milieux peu fréquentables. Sorcellerie, sociétés secrètes, mafia… Néanmoins notre société évolue sur cette question et les dominicains trouvent intéressant de se savoir si tatouage et foi chrétienne font bon ménage. En plus de chiffres à l’appui, pour répondre à cette question, nous relayons une vidéo de frère Paul-Adrien.

Le tatouage en quelques chiffres

Parfois il suffit de quelques chiffres pour se rendre compte d’une situation. Le saviez-vous ?

  • 20% de la population française actuelle est tatouée : soit 13, 5 millions.
  • Ce pourcentage monte à 33% chez les 18/35 ans.
  • Le tatouage touche tous les âges et toutes les catégories socioprofessionnelles.
  • La moyenne nationale des personnes tatouées en France a augmenté de 8% en 10 ans.

Ce que dit la Bible

Selon le fr. Paul-Adrien la Bible ne dit rien à ce sujet « en apparence » ajoute-t-il. Cependant il fait référence à un verset du lévitique 19:28 qui affirme « vous ne porterez pas de tatouage » .

Ce qu’il faut comprendre

Ceci étant comme l’explique fr. Paul-Adrien : « ce verset, de l’avis général des biblistes, ne parle pas de vos tatouages profanes, mais des tatouages religieux. A l’époque du lévitique, les tatouages étaient associés à des pratiques magiques. On pense que cela venait des cultes païens de l’Egypte antique. Les femmes se faisaient tatouer des tatouages magiques sur le ventre pour avoir des enfants » .
Fr. Paul Adrien précise « c’est sûr que si votre tatouage est associé de près ou de loin à des pratiques superstitieuses, magiques ou occultes, on voit mal la Bible vous l’autoriser. Mais votre tatouage en forme de lapin ou de dragon : l’avis commun des biblistes c’est que ça ne tombe pas sous l’interdit lévitique » .

Tout a déjà été dit !

Le fr. Paul-Adrien nous fait ensuite un rappel historique et nous démontre l’avis de l’Eglise qui date de 787 lors du concile de Northumberland. « Dans un petit royaume issu des invasions angles, à Northtumberland, se tenait un concile local qui allait changer la face du christianisme au sens littéral du terme. On s’y interrogeait en effet sur la possibilité pour un chrétien de se faire tatouer » .
La conclusion dudit concile est limpide : « Lorsqu’un individu subit l’épreuve du tatouage pour l’amour de Dieu, il est grandement loué. Mais celui qui subit le tatouage pour des raisons superstitieuses, à la manière des païens, n’en tirera aucun bénéfice » .

L’avis du fr. Paul-Adrien

« La conclusion dudit concile est juste parfaite. Si jamais c’est un tatouage chrétien, c’est très bien. Si jamais c’est un tatouage profane en forme de chauve-souris ou de pangolin, ça n’a pas d’intérêt » . Il insiste également sur le fait que ce n’est ni bien, ni mal. « Ce n’est pas ça qui va vous rapprocher de Dieu… Un tatouage est moralement neutre » . En clair : c’est permis !

Armé de cette conclusion du concile, fr. Paul-Adrien rappelle néanmoins un verset de saint Paul : « votre corps est le temple de l’Esprit Saint » . « Ca veut dire que le corps humain, pour nous chrétien a une profonde dignité. Et ça, il faut le respecter. En particulier, vous ferez la différence entre les tatouages qui mettent en valeur le corps en jouant sur les creux du biceps ou autre… Et les tatouages qui cachent le corps. Tout ce qui porte atteinte à l’intégrité et la beauté du corps, temple de l’Esprit Saint : ça, pour le coup, ça chagrine l’Eglise. C’est pour ça aussi que ceux qui refusent le tatouage au motif que ça porte intégrité au corps, ça fait un peu vieux jeu. Mais c’est un raisonnement qui a une certaine hauteur de vue » .

Prêcheurs associés

Paul-Adrien d’Hardemare

Paul-Adrien d’Hardemare

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