La période de Pâques à la Pentecôte est, dans l’année liturgique, un temps fort pour la vie chrétienne. Et c’est aussi le moment où de nombreux parents choisissent de faire baptiser leur enfant. Alors que nous sommes en janvier, beaucoup de parents entament déjà les préparatifs. Faut-il y voir un geste religieux, un rite social, une pression familiale ? Entre choix spirituel profond et coutume familiale bien ancrée, que signifie vraiment le baptême d’un bébé ? Ainsi, les dominicains de la province de France s’adressent aujourd’hui particulièrement à vous chers parents ! Nous allons tenter de vous aider à y voir plus clair.

Une tradition bien répandue
En France, des milliers de bébés sont baptisés chaque année. Parfois, c’est une évidence : les parents sont croyants, engagés, et voient dans le baptême le premier pas de leur enfant dans la vie en Christ. Mais souvent, le tableau est plus nuancé : « On le fait pour faire plaisir à aux grands-parents », « Parce que c’est une tradition dans la famille », « Pour marquer le coup, comme pour un anniversaire ». Voilà parfois ce qu’on peut entendre.
Le baptême est ancré dans l’imaginaire collectif comme un rite de passage, une célébration familiale, un moment de joie partagé. Et c’est vrai : c’est souvent la première grande fête autour de l’enfant, avec son lot de dragées, de photos et de discours.
Mais au-delà de la coutume, que signifie vraiment le baptême ?
Le baptême, un sacrement
Dans la foi chrétienne, le baptême n’est pas un simple symbole : c’est un des sept sacrements, c’est-à-dire un signe visible d’une grâce invisible. C’est l’acte par lequel on devient enfant de Dieu, membre de l’Église, temple de l’Esprit Saint. C’est une nouvelle naissance.
Baptiser un bébé, ce n’est pas poser un geste purement culturel : c’est affirmer qu’on veut l’introduire dans une vie spirituelle. Même s’il ne comprend pas encore, l’enfant reçoit un don, une filière de vie. Le baptême n’efface pas sa liberté future, mais il trace un chemin, il propose une orientation.
La liberté de l’enfant et l’engagement des parents
Un bébé ne demande pas à être baptisé. Alors, est-ce juste de le faire sans son accord ? C’est une vraie question. Mais elle vaut pour bien d’autres choses : nous faisons des choix pour nos enfants avant qu’ils puissent parler. Nous choisissons pour eux une langue, une école, un lieu de vie, des habitudes… Pourquoi ne pas leur proposer aussi une foi ?
Les parents ne forcent pas, ils transmettent. Le baptême est une proposition, pas une obligation. Plus tard, l’enfant pourra approfondir, confirmer, questionner, ou même s’éloigner. Mais il aura reçu une boussole.
En baptisant leur enfant, les parents s’engagent : « Vous avez demandé le baptême pour votre enfant », dit le prêtre. « Vous aurez à l’éduquer dans la foi. » C’est une promesse, un appel à vivre eux-mêmes cette foi qu’ils souhaitent transmettre.
Une période propice : entre Pâques et Pentecôte
Si de nombreux baptêmes sont célébrés entre Pâques (début avril) et la Pentecôte (fin mai), ce n’est pas un hasard. Cette période est celle de la résurrection, de la vie nouvelle, du souffle de l’Esprit. C’est le temps par excellence pour célébrer un baptême.
Dans les communautés chrétiennes, la nuit de Pâques est d’ailleurs le moment où les adultes catéchumènes reçoivent le baptême. Pour les enfants aussi, cette saison a une valeur forte : elle manifeste que la foi n’est pas une règle imposée, mais une vie reçue.
Pour les parents qui préparent un baptême en ce début d’année, il est donc temps de poser les jalons : rencontrer le prêtre, choisir les parrain et marraine, réfléchir au sens de la célébration. Ce n’est pas une simple réunion de famille, mais un acte spirituel profond.
Que transmettre aujourd’hui ?
Dans une société où la foi n’est plus une évidence, certains hésitent : « Est-ce que je ne serai pas hypocrite de demander le baptême alors que je ne vais pas souvent à la messe ? », « Est-ce que je n’impose pas quelque chose à mon enfant ? »
Ces questions sont légitimes. Mais peut-être faut-il les retourner :
- Et si le baptême était justement un point de départ pour retrouver un chemin de foi, même imparfait ?
- Et si, dans un monde marqué par l’individualisme, offrir une appartenance, une filière de sens, était un cadeau ?
- Et si le baptême était moins une obligation qu’une ouverture ?
Une célébration pleine de sens
Le jour du baptême, plusieurs gestes riches de symboles sont posés :
- L’eau versée rappelle la purification et la nouvelle naissance.
- Le chrême (huile sainte) marque l’enfant comme prêt à vivre en ami du Christ.
- Le vêtement blanc manifeste la dignité de l’enfant de Dieu.
- Le cierge allumé signifie la lumière de la foi.
Chaque geste peut être expliqué, intégré, rendu vivant. La préparation au baptême permet aussi aux parents de redécouvrir des éléments de la foi qu’ils avaient peut-être laissés de côté.
C’est surtout un choix libre et engageant
Le baptême n’est pas un rite automatique en ne doit pas être une réponse à une pression familiale. C’est un choix de foi, un cadeau spirituel, une porte qui s’ouvre. Il ne garantit rien, mais il promet tout : une grâce donnée, une communauté accueillante, un chemin de sens.
Si vous préparez en ce moment le baptême de votre enfant, prenez ce temps comme une occasion de réflexion, de redécouverte, de dialogue. Et surtout, comme une joie profonde : celle de confier votre enfant à celui qui l’a aimé le premier, et qui marchera avec lui toute sa vie.
