Nous sommes arrivés à Clermont-Ferrand le 1er avril 2009. Pour nous c’est une date anniversaire facile à retenir. Mais pour d’autres elle résonnait comme une bonne blague, un poisson d’avril… Il faut dire que l’idée d’une nouvelle fondation conventuelle dans notre province n’a pas toujours coulé de source.
À l’enthousiasme et à la générosité du chapitre provincial de juin 2006, alors qu’une équipe de trois frères (Thierry Hubert, Jean-Pierre Mérimée et moi-même) était déjà au travail pour vérifier les conditions de possibilité de ce projet, a succédé une atmosphère plus interrogative, voire sceptique : « Avons-nous réellement les moyens de cette nouvelle aventure ? »
Il est vrai que si la province dominicaine de France ne se porte pas si mal, en comparaison d’autres ordres religieux, et que nous accueillons chaque année de nouvelles vocations, nos effectifs diminuent lentement. Et les prieurs de nos communautés savent bien la difficulté de porter un couvent, même quand les frères sont apparemment nombreux. Mais que faut-il faire ? Attendre patiemment de n’être plus assez ? S’en remettre à demain ? Saint Dominique ne nous montrait-il pas le chemin quand en 1217, confiant dans la providence, il dispersa les frères de sa toute jeune congrégation, pour essaimer dans toute l’Europe ?
Non, cette arrivée de trois frères à Clermont-Ferrand un premier avril n’est pas une bonne blague mais un beau signe d’espérance et de vitalité. Puissions-nous porter les mêmes fruits que nos premiers frères en saint Dominique !
L'un des enjeux de cette nouvelle implantation, hors du centre-ville : découvrir le partage de la vie quotidienne d’une population mélangée que nos couvents ne rejoignent pas habituellement. Originalité qui provoque une légère appréhension, bien sûr, (saurons-nous trouver notre place ?), mais surtout qui offre une grande liberté d’accueil de ce qui va se construire et que nous ne saurions décider à l’avance.
D’ailleurs, comme toute prise de risque, cette nouvelle implantation contient en elle-même la possibilité de l’échec. Des facteurs très variés sont en jeu (type d’implantation, communauté réduite, questions financières, possibilités apostoliques) et les acteurs de la réussite sont nombreux (province, frères, diocèse, paroisse, quartier). Mais nous sommes sereins : si Dieu nous veut là pour témoins, le secours de sa grâce ne fera pas défaut.
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■ Cet article est paru dans le dernier numéro des Amitiés dominicaines, le bulletin d'information de la Province dominicaine de France. Pour demander à recevoir gratuitement les prochains numéros, cliquer ici.




